top of page
Justice et verité 2b.jpg
balance ton corps 5e edition.jpg
flyer Fatou Dieng.jpg

Ce 31 mai 2024, au Centre Paris Anim de Montparnasse animé par son équipe active et chaleureuse et dans le cadre de la 5e édition de Balance ton corps, Safia Bouadan-fondatrice de L'Onde Bleue , aussi artiste, romancière et sociologue- et Emmanuel de Montval -Acteur et socio-pédagogue- ont assisté à la conférence axée sur le corps comme outil de lutte. Cette table ronde était animée par un modérateur Raphael et encadrée aussi par les équipes du Centre avec les participants Fatou Dieng et Tanguy Martinière.

Nous avons été touchés par la qualité du débat et son intelligence , par la force, la générosité et la résilience des personnes présentes sur le plateau.

 

 


 

 

 

Le témoignage poignant de Fatou Dieng nous a d'autant plus rappelé à une triste réalité , celle du racisme existant encore aujourd'hui en 2024 : Fatou est la soeur de Lamine Dieng dont l'assassinat engendré par des violences policières a amené, après des années de lutte familiale, associative et surtout juridique, à la reconnaissance pour l'état français de sa responsabilité en indemnisant la famille.

 

Rappel des faits :

Le 17 juin 2007, dans le 20e arrondissement de Paris1rue de la Bidassoa, la police est appelée vers quatre heures du matin pour des cris dans l'hôtel Nadaud. Lamine Dieng, un Franco-Sénégalais âgé de 25 ans, a violemment frappé une femme avec qui il partage pour la seconde fois une chambre à l'hôtel. La police rapportera des fractures à la mandibule et au nez ainsi qu'une prescription de quatre semaines d'ITT2.

Une fois sur place, huit policiers découvrent Lamine Dieng allongé dehors, par terre, entre deux voitures stationnées devant l'hôtel. Les policiers l'interpellent et cinq d'entre eux le maintiennent au sol, face contre terre. Ils le menottent dans le dos, sanglent ses pieds et passent son bras droit par-dessus son épaule. Dieng est ensuite porté dans le fourgon, toujours face contre sol. Dedans, il subit un plaquage ventral pendant trente minutes, maintenu au sol par le poids de quatre policiers aux épaules, soit 300 kg, à la poitrine et aux jambes. Un policier remarque qu'il est inanimé : les pompiers sont contactés puis son décès est constaté au commissariat à 5 h 15.

La famille de Lamine Dieng n'apprend son décès que le 18 juin à 17 h 30 par téléphone. Ils doivent attendre le lendemain pour voir son corps, mais n'ont accès qu'à son visage tuméfié. La levée du corps est effectuée le 25 juillet ; Lamine Dieng est enterré deux jours plus tard au Sénégal. -source wiképedia-

Le 22 juin, la famille dépose plainte avec constitution de partie civile qui ouvrira une information judiciaire le 10 juillet 2007 et durera jusqu'à aujourd'hui -liste reprise sur le document de l'association fondée par la famille : Vérité  et Justice pour Lamine Dieng-

Tanguy Martinère La pop Lexomyl.jpg

Deuxième invité :  Tanguy Martinière, artiste, Drag Queen et militant Act Up a aussi pris la parole expliquant les discriminations subies liés au genre depuis des années -témoignage marquant pour lui de sa rencontre à l'âge de 15 ans avec une transgenre agressée violemment dans la  rue- . Celle-ci ayant déclanché une prise de conscience et une empathie forte qui ont amené ses choix d'être soi et de liberté, ceux d'être reconnu dans ses droits à l'intégrité du corps et à son identité. Dans son témoignage éloquent et plein de pédagogie,, il expliqua son parcours et sa prise de cosncience d'être un autre que celui normé par la société : la drag Queen Lapop Lexomyl. De plus, comme militant Act Up depuis plus de deux ans, il a apporté son regard sur la manière dont le Sida et les séropositifs sont encore perçu et non reconnu par une large  frange de la société dans leurs droits à être accompagnés et soutenus dans leur maladie et dans leur vie. Il a notamment parlé des opérations coups de poing que cette association mène pour les revendiquer tels que sur le modèle américain : le ZAP dont l'action n'est pas un affrontement physique mais une opération théâtrale de visibilité et de lutte pour la reconnaissance des malades et pour amener le regard sur la responsabilité des instances publiques, ou encore le Die in -feindre la mort- ou d'un coup, les centaines de corps tombent inanimés sur le sol comme tous ceux victimes de cette épidémie mondiale: depuis l'encapotage en rose de l'obélisque place du Trocadéro le Ier décembre 1993, pour la journée mondiale du Sida en 1993, en 1994 en plein milieu des Champs-Élysées pour représenter les morts du sida ou encore en 2009 devant Notre-Dame-de-Paris pour dénoncer les propos du pape Benoit XVI sur l’interdiction du préservatif, les actions coups de poing d'Act up ont amené l'opinion publique à faire face à cette réalité que vivent les victimes atteintes par le VIH SIda et toutes celles hélas encore à venir sans que tous les moyens de prévention et de soins ne soient  encore mis en oeuvre par les pouvoirs politiques et de santé publique.

Comme le rappelle le site Act Up Paris  :

Act Up-Paris est une association de lutte contre le VIH-Sida, les hépatites virales et les autres IST — infections sexuellement transmissibles —, militant également pour les droits des minorités sexuelles et de genre.

Inspirée d’Act Up-New York fondée en 1987 par Larry Kramer, Act Up-Paris est active depuis 1989. L’acronyme Act Up signifie : Aids Coalition To Unleash Power.

Au-delà de nos histoires personnelles, nous pensons que des réponses politiques doivent être apportées à cette épidémie. Vaincre le sida n’est pas du seul ressort de la médecine : cela dépend avant tout de celles et ceux qui font, en France et dans le monde, les politiques de santé et qui en définissent les moyens.

Après le film choc 120 battements par minute de Robin Campillo, lauréat du Grand prix à Cannes et qui a marqué l'opinion et la presse, le combat  reste sans relâche pour les malades et les leurs...

Pour les soutenir 

Pour les rejoindre 

bottom of page