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Interviews des deux artistes Julie Manautines et Roxane Armand et du metteur en scène Rémi Pous.   ​

Dans le cadre de leur pièce de théâtre "A l'abordage ! ou Les folles tribulations de Grog et Capon"


1/ Présentez vous pour nos lecteurs, parlez nous de votre rencontre entre actrices et metteur en scène ? Vous êtes une petite production , quels sont vos soutiens ou partenaires ?

Rémi : Roxane et Julie ont travaillé ensemble sur deux projets. Moi, je les ai croisées aussi sur différents spectacles. La compagnie de Roxane s'est créée récemment pour faciliter le travail administratif de ce projet, car nous travaillons régulièrement pour d'autres compagnies, mais sans en être les dirigeants. Au départ la création s'est faite en partenariat avec La Brèche à Aubervilliers, et la maison de l'Oradou à Clermont-Ferrand, où est basée la compagnie.

Pour l'instant, aucun soutien financier de la part des institutions diverses (région, DRAC, ministère de la Culture...) en raison de la récente création de la compagnie.

Julie : Je suis comédienne et musicienne, j'ai rencontré Roxane sur un tournage, puis peu de temps après nous nous sommes retrouvées sur un spectacle. J'ai rencontré Rémi d'abord en tant que partenaire de jeu sur une pièce de la compagnie du Berger. Roxane nous a proposé de monter ce spectacle, avec Rémi à la mise en scène. Et c'est comme ça que l'aventure a démarré...

Nous avons d'abord été soutenu par CSE Prod, qui nous a permis d'organiser les premières dates, avant la création de la Dixon Compagnie. Nos soutiens les plus précieux sont ceux qui travaillent avec nous à ce spectacle, et y mettent tout leur cœur dans des conditions parfois difficiles : Alexandrine Rollin, qui a fait un merveilleux travail de scénographie, qui a aussi dessiné l'affiche, et planche actuellement sur nos costumes de parade d'Avignon... Elle a un talent fou, et une créativité sans limites ! Martin Boquien également, qui vient de nous rejoindre et s'occupe de la diffusion, qui a toujours de bonnes idées pour communiquer ! Franck Etenna et Richard Arselin du Bouffon Théâtre nous ont soutenu aussi, en nous permettant d'aller au festival d'Avignon cet été en co-réalisation avec le Paradise République. Effectivement on est une petite production, qui a eu la chance immense de croiser la route de personnes passionnées et talentueuses, qui aiment profondément ce spectacle ! Roxane : Bonjour à tous! Je m’appelle Roxane, je suis comédienne et improvisatrice. J’ai rencontré Julie sur un court métrage puis nous nous sommes retrouvées comédiennes sur un même projet. J’avais dans l’idée de reprendre la pièce « Pirates et Corsets » d’Elodie Hamain et de Doriane Marimon que j’avais vu à Aurillac 7 ans auparavant. Comme notre duo fonctionnait bien j’ai proposé à Julie de me rejoindre dans l’aventure. Nous avons alors cherché un metteur en scène, elle m’a présentée Rémi Pous dont la vision nous plaisait beaucoup. Lui même avait l’habitude de travailler avec Alexandrine Rollin qui est devenue notre scénographe. Pour les musiques, j’ai présenté à l’équipe mon ami Renaud Gallissian avec lequel j’ai travaillé sur plusieurs pièces. Tout le monde s’est mis au travail et « A l’abordage » s’est lancé! La compagnie étant encore jeune nous n’avons pas encore de soutien et partenaire.

2/Comment est né ce projet et pourquoi avoir choisi la Piraterie féminine sur l'Ile de Providence?


Rémi : C'est un texte qu'avait lu Roxane, elle voulait le jouer, elle m'a fait lire la pièce que j'ai trouvée intéressante. Je cherchais depuis longtemps un texte qui pouvait s'adapter à un public familial, et qui plaise aussi bien aux enfants qu'aux parents. Le thème de la piraterie s'y prête tout à fait, mais en plus, pour une fois, on a le point de vue de femmes pirates, très rares à l'époque !

Julie : Roxane a vu un spectacle nommé « Pirates et Corsets » il y a quelques années au festival d'Aurillac, écrit et interprété par Elodie Hamain et Doriane Marimon, et elle avait eu un gros coup de cœur pour cette pièce. Elle a demandé aux auteures si l'on pouvait adapter leur spectacle, et elles ont accepté.

Roxane : J’ai vu la pièce « Pirates et Corsets » au festival d’Aurillac il y a huit ans. A l’époque je n’étais pas comédienne et c’est cette oeuvre qui entre autre m’a donné envie de le devenir. Alors sept ans plus tard, comme cette histoire de femmes pirates raisonnait encore dans mon esprit j’ai décidé de demander les droits de la pièce aux auteurs et de réadapter tout ça. Parler de la conditions des femmes au temps de pirates permet de mettre en lumière des choses qui n’ont pas forcément changées dans la société actuelle et notamment dans d’autres pays. Pour les enfants, cela fait du bien de voir des filles qui ne sont pas « des princesses » mais des aventurières des mers. Grog et Capon sont des femmes fortes, bagarreuses mais aussi touchantes qui réalisent leur rêve: devenir capitaine d’un bateau pirate! 3/Qu'est ce signifie la piraterie au féminin dans un univers d'hommes ?

Rémi : Du coup, le parallèle avec nos sociétés où l'égalité hommes-femmes est encore à améliorer, il m'est apparu intéressant de continuer à réfléchir tout en divertissant. La piraterie au féminin est une gageure pour l'époque, puisque « une femme sur un bateau, ça porte malheur ! » C'est la quête de ces deux femmes qui osent braver les interdits dans un monde hostile que j'ai voulu mettre en lumière. Julie : Ce sont deux femmes qui jouent à être des hommes en les caricaturant, mais derrière le rire, c'est une question de survie : si on découvre que ce sont des femmes, elles le paieront très cher... Elles endossent des costumes d'hommes pour échapper à leur condition, et tenter de réécrire leur destin : parce que pour elles, c'est le seul échappatoire possible. Pour ces deux serveuses du 17e siècle, être un homme, c'est être libre. C'est aussi la dimension du jeu : elles jouent à être des hommes comme elles vivent toutes leurs aventures, comme des enfants, en y croyant vraiment, en changeant d'avis, en réécrivant l'histoire selon leurs envies...

Roxane : Une femme sur bateau c’est « sacrilège » , ça porte malheur. Il y avait peu de femmes pirates, mais celles-ci ont eu des histoires remarquables. Quand elles tuaient quelqu’un elles montraient leurs poitrines pour révéler leurs identités de femmes. Il n’y avait pas de pire affront pour un pirate que d’être tué par une femme. Alors l’enjeux est de taille pour nos deux protagonistes: il faut se faire passer pour des hommes, ne pas se faire repérer, se battre, gagner sa place, …

4/ Parlez-nous de votre rencontre à chacun avec l'œuvre et comment s'est construit la pièce , votre travail de création ? L'équipe - scénographie , costumes ...-?


Rémi : Après avoir réadapté le texte j'ai fait appel à Alexandrine Rollin, scénographe, que j'ai rencontrée grâce à la compagnie du Berger, et avec qui j'avais travaillé sur déjà quatre spectacles. Elle a tout de suite été enthousiaste à la lecture ; de nos échanges et de son talent est né le décor de tonneaux de bois, de mâts en métal, et de toile pour les voiles. De quoi alimenter l'imaginaire du metteur en scène et des deux comédiennes. Les premières répétitions basées sur des improvisations de personnages pirates, nous ont convaincus que l'on tenait là une comédie burlesque, touchante et poétique à la fois.

Julie : On a d'abord visualisé une captation de la pièce « Pirates et Corsets » dont notre spectacle est l'adaptation, puis on a fait du travail de table pour remettre en forme le texte et en réécrire certaines parties. Ensuite, au plateau, nous avons commencé par des improvisations, notamment pour trouver des corps différents en fonction des personnages que nous jouons. Puis nous sommes passés au texte, en y injectant nos trouvailles ! C'est Alexandrine Rollin qui a réalisé la scéno et le visuel de notre affiche, et Renaud Gallissian qui a écrit et interprété toutes les musiques. Quant aux costumes, on avait une idée assez précise de ce qu'on voulait, et on les a trouvé nous-mêmes, en chinant dans des friperies !

Roxane : Comme dit plus haut, c’est la pièce « Pirates et Corsets » qui m’a donné, en partie, envie d’être comédienne. Ce que j’aime dans mon métier c’est raconter des histoires, faire voyager le public ailleurs, le faire sortir du quotidien. Alors des femmes qui embarquent sur un bateau au XVIIe Siècle, c’est forcément dépaysant! Et puis au delà de l’atmosphère on parle d’amour, mais pour une fois pas d’amour entre un homme et une femme mais bien d’amitié fusionnelle entre deux femmes très différentes qui jouent à la grande soeur et à la petite soeur et qui ont besoin l’une de de l’autre pour vivre. Pour la scénographie etc.. je laisse parler Rémi répondre car nous nous sommes fiées totalement à lui sur ce travail. 5/ Vous êtes vous inspirés d'autres pièces ou œuvres marquantes portant sur la piraterie ?

Rémi : Nous avons fait des recherches pour nous inspirer du monde de cette époque, et en apprendre plus sur ces fameux pirates qui ont réellement existé : Henry Morgan, Marie Bradley...

6/En quoi cette pièce est un Ovni ?


Rémi : Un OVNI je ne sais pas, mais c'est réellement un spectacle familial pour tous, de 7 à 77 ans. J'ai l'impression qu'aujourd'hui, le spectacle dit « jeune public » ne s'adresse qu'à des enfants entre deux et cinq ans, et qu'ensuite on passe directement aux spectacles pour adultes, « visibles aussi » par des enfants. J'ai voulu redonner ses lettres de noblesse au spectacle familial, et raviver chez les gens le goût et le plaisir de ressortir en famille.

Julie : C'est extrêmement rare qu'une pièce fasse rire les enfants et les adultes avec la même chaleur ! Ce qui fait l'originalité de notre spectacle, c'est qu'il y a un réel double niveau de lecture : les adultes et les enfants s'y amusent autant les uns que les autres... mais pas pour les mêmes raisons ! Souvent les parents s'ennuient un peu lors des spectacles dits « jeune public », alors que là on les embarque en même temps que les plus jeunes ! Et à la sortie, voir des étoiles dans les yeux des petits comme des grands, c'est tellement gratifiant...

Roxane : Cette pièce est un ovni parce qu’elle ne rentre dans aucune case. On rit et on pleure. On a des moments de jeux très vrais et sensibles et à l’inverse des moments clownesques. C’est une pièce « familiale » où enfants et parents y trouvent leur compte. Il y a un double sens de lecture. 7/ Vous représentez deux femmes pirates embarquées sur un bateau à la merci de toutes les aventures et mésaventures . Que ressentez-vous dans la peau de vos personnages , comment les avez vous abordés ? Quelles sont les éléments dont vous vous êtes nourris ,votre propre condition actuelle de femme... ?


Julie : Dans le peau de Grog je m'amuse énormément, car elle a un sacré caractère !! C'est un peu la « gros bras » des deux, c'est une teigneuse, mais avec un côté naïf très touchant... J'ai abordé ce personnage sous son aspect burlesque, ce qui me permet d'avoir une grande liberté de jeu, au niveau corporel notamment, et de pouvoir inventer plus de choses !

Roxane : Capon est touchante et clownesque. C’est un paradoxe. Elle est lâche dans certaines situations mais courageuse et bagarreuse dans d’autres. C’est une enfant qui n’a pas envie de grandir mais qui y est forcée. Elle est rêveuse et veut trouver une belle fin à son amie, une fin parfaite pleine d’aventures pour vaincre l’injustice de sa mort. A la fin de la pièce Capon devient une femme, une vraie, capable de défier n’importe quel homme. Ce personnage me touche beaucoup, et me fait rire aussi. Il est sensible, rêveur et bourré d’énergie.

8/ C'est aussi une histoire d'amitié de femmes qui sont très différentes et confrontées au choix de leur propre destin ?


Julie : Exactement, elles sont très différentes, et c'est pour ça qu'elles s'entendent aussi bien ! Et puis il y a aussi une question de dramaturgie : c'est compliqué de faire un duo avec deux personnages qui se ressemblent trop... Comme dans la vie : ça provoque moins de rebondissements !

En réalité ces deux femmes n'ont plus le choix, mais elles arrivent à se persuader qu'elles peuvent réécrire l'histoire. Et elles embarquent les spectateurs ailleurs, sans même qu'ils s'en rendent compte !

Roxane : Oui, une amitié très forte. Grog est la grande soeur, Capon la petite. Elles sont complices, font tout ensemble et sont capables de défier n’importe qui à deux. Elles sont différentes mais complémentaires. Elles se comprennent d’un seul regard, se poussent, se font évoluer et grandir. Leur vie vaut le coup d’être vécu parce qu’elles sont ensemble, et ensemble elles sont capables de l’impossible.

9/ Quel message souhaitez-vous faire passer ? Est-ce un spectacle exclusivement axé sur la condition féminine avec un fort parallèle fait à celle d'aujourd'hui? Pensez-vous à créer une suite , un 2 e volet de tribulations de Grog et Capon ?


Rémi : - croire en ses rêves

  • C'est un plus mais cela n'est pas central

  • A priori pas de « Capon et Grog 2 », mais il y a encore beaucoup de gens qui n'ont pas vu le 1, donc quand ce sera le cas et si la demande est forte, peut-être nous lancerons-nous dans l'aventure !

Julie : Pour moi l'important c'est de continuer à rêver, toujours, parce que si on rêve assez fort, qu'on rêve et qu'on y croit, avec la même foi que des enfants qui jouent, ça marche. C'est imparable !Ce spectacle aborde la condition féminine, mais ce n'est pas le thème central du spectacle. Ce sont deux amies qui se racontent des histoires, qui s'amusent ; simplement, dans une taverne peuplée d'hommes violents, deux femmes qui s'amusent doivent faire attention...

Quant à Grog et Capon 2... ça serait chouette ! L'avenir nous le dira !! Roxane : Le message principal est pour moi est qu’il est important de vivre ses rêves, d’oser l’impossible et l’impensable. Je ne pense qu’on fasse de deuxième « volet », car à la fin de celui-ci chacun peut créer sa fin, comme il l’entend.

10/ Ce sont des noms plutôt masculins non ?

Julie : Mon personnage a un léger penchant pour le rhum, et comme elle a un petit côté acide, Grog lui va très bien ! Quant à Capon, ça veut dire « froussard », ce qui colle tout à fait avec le personnage de Roxane !

Roxane : Grog et Capon sont des surnoms. Le vrai nom de Grog est « Elisabeth Mills » et celui de Capon « Marie Bradley ». Marie Bradley est une pirate qui a existé. On peut donc se dire que Capon devient cette pirate légendaire à la fin de notre histoire.

11/ Le retour du jeune public et de tous les publics car ce n'est pas seulement un spectacle pour enfants , les adultes sont embarqués aussi ?C'est aussi très pédagogique et vous avez déjà joué pour des écoles? La rection des enfants ?


Rémi : Des écoles, des centres de loisirs... et souvent les enfants à des âges très divers (de 6 à 12 ans) apprécient bien sûr l'histoire, mais surtout la manière dont elle est racontée. Elle se passe au XVIe siècle, mais elle est résolument moderne.

Julie : C'est ce qui fait l'originalité de notre spectacle : les adultes et les enfants comprennent des choses très différentes ! Ce n'est pas un spectacle pour le très jeune public, mais plutôt à partir de 5 ou 6 ans. A cet âge-là, ils peuvent commencer à suivre l'intrigue, car Grog et Capon ont beaucoup d'imagination !

Je dirais que c'est plutôt « humaniste » que pédagogique, dans le sens où on n'a pas un message à faire passer : on est là pour raconter des histoires, et ces histoires posent des questions différentes, en fonction des spectateurs, selon ce qu'ils vivent au quotidien, et ce dont ils ont envie de parler en famille. C'est quoi faire l'amour ? Où on va quand on meurt ? Pourquoi ça fait du bien, parfois, de se raconter des histoires ? Pourquoi c'est bon de rire ? On fait quoi quand on perd un ami ?

Roxane : C’est un spectacle tout public puisqu’il y a un double sens de lecture. Petits et grands embarquent sur notre bateau et y trouvent des choses différentes. Nous avons joué devant 600 collégiens qui ont été totalement pris par cette pièce. D’autant plus qu’ils sont à un âge où ils comprennent les deux sens de lecture. Enfin les adolescents peuvent s’identifier facilement à Capon, qui n’est pas encore une adulte mais plus une enfant.

12/ Quel est l'avis de la presse ?


Rémi : Le peu d'articles que nous avons eu jusqu'à présent sont très élogieux sur le jeu, l'énergie, la mise en scène... Julie : Hé bien comme la presse c'est aussi toi, Safia, je te propose de nous donner ici en direct live ton avis sur notre pièce hihi ;-)

13/ Vous serez à Avignon pour le Off, cette année ? Est ce votre Ier festival avec ce spectacle , comment le préparez vous ?


Rémi : On va à Avignon pour la première fois avec ce spectacle, et c'est la préparation habituelle du festival, à savoir : toute l'organisation logistique et technique, la communication, et quelques dates au Pixel Théâtre dans le 18e arrondissement, pour peaufiner les derniers détails, et adapter la mise en scène aux contraintes d'Avignon.

Julie : Oui nous serons à Avignon, et oui c'est une première pour ce spectacle ! On le prépare de manière classique en travaillant à la communication, à la diffusion, aux partenariats, etc.

Roxane : Nous n’avons que des bons retours. Les journalistes sont habitués à voir des spectacles pour enfants mais le notre à la qualité d’être en réalité un « tout public ». Tout le monde embarque, tout le monde en retire quelque chose. 14/ Vos futures actualités pour toute l'équipe ?


Rémi : « A l'Abordage ! » à Avignon, et c'est déjà beaucoup, on vous en dira plus très bientôt :-)

Julie : D'abord Avignon avec « A l'Abordage ! », puis à partir de novembre je reprends un spectacle de théâtre musical, « Doit-on le Dire ? » de Labiche, mis en scène par Olivier Mellor, à Amiens et en tournée.

Roxane : Je serai toute l’année prochaine au théâtre Le Bout les dimanches à 18H30 avec les spectacles « L’histoire dont vous êtes le héros » et « les Ladies » en alternance. C’est deux format

s d’improvisation longues. 15/ Votre mot de pirate ?

Rémi : Palsambleu !

Julie : Taverne ! Roxane : Bout de bois (le nom de l’amoureux de capon)

Propos recueillis par Safia Bouadan

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