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Comédiens ! - Interview Cyril Romoli




1/ Dans Comédiens, on te découvre comme acteur de boulevard alors que beaucoup te connaissait comme auteur compositeur-pianiste et chanteur de tes propres titres ? Tu nous as confié qu'en fait ta formation et expérience professionnelle première est d'être acteur. C'est un vrai retour aux origines ?



En fait je n’ai jamais cessé de jouer. J’ai commencé l’aventure de mes concerts solos (avec l’enregistrement de deux albums et deux EP) en 2004 pour ralentir le rythme des concerts en 2013. Et pendant ce temps j’ai joué dans plus d’une quinzaine de spectacles musicaux ou théâtraux. Et si j’ai pour le moment mis entre parenthèse les concerts (j’y reviendrai très certainement prochainement avec une forme plus théâtralisée) j’ai continué à composer notamment pour des musiques de spectacles (pour Fellag et Marianne Epin dans C’est à Alger, pour Le Cercle de craie caucasien et Andorra, mis en scène par Fabian Chappuis pour le théâtre 13 et Blanche Neige pour la Cie Boréale par exemple…)

En fait le retour aux sources se situe ailleurs. Car si j’ai eu la chance de beaucoup jouer ces dernières années, le fait de jouer longtemps les spectacles (près de deux ans à chaque fois pour Le Roi Lion, 1789 ou Mistinguett…) et de faire beaucoup de spectacles musicaux m’ont un peu éloigné du Théâtre. Et même si « Comédiens ! » est évidemment un spectacle éminemment musical, c’est une partition dense de comédien qui m’est offerte. Avec la chance en plus de pouvoir mélanger mes deux autres passions le piano et le chant.




2/ Comment as-tu intégré la troupe de Comédiens ? Quelles étaient les exigences de Samuel Sené pour ce rôle ?


J’ai répondu à l’avis d’audition, comme tout le monde en fait. Le trio de créateurs Eric, Raphaël et Samuel était un gage de qualité et donnait bien envie de découvrir ce que pourrait être ce projet.

Les nécessités de Samuel pour le personnage de Guy étaient déjà de trouver un comédien, instrumentiste et chanteur. A l’aise dans les trois disciplines et à l’aise avec les différents codes de jeu qu’il allait falloir exploiter, le naturalisme et le vaudeville essentiellement. Enfin il fallait constituer un Trio cohérent avec les personnages de Pierre et Coco.


3/ Ton personnage, celui truculent de Guy, emprunte au répertoire du boulevard, du burlesque et de la comedia delle'arte parfois aussi ? Comment as-tu travaillé toutes ces facettes?


En fait sans vouloir aucunement paraître prétentieux, je ne les ai pas travaillées pour Comédiens ! , tous ces codes et ces facettes ont été travaillées au fil des années et des rencontres avec des partenaires et des metteurs en scène, certaines exubérances de Guy je les ais dans ma besace depuis mes premières années de cours. J’ai eu la chance de commencer au théâtre Hébertot dans une très belle pièce (dite de boulevard) mise en scène par Jean-Laurent Cochet Le Sexe Faible d’Edouard Bourdet avec de grands acteurs, j’ai gardé en mémoire cette première expérience, j’ai eu aussi plus tard le privilège de travailler avec Claude Gensac dans Le Squat de Jean Marie Chevret (au Théâtre de la Madeleine et en tournée), magnifique actrice comique qui avait commencé comme tragédienne, ses conseils quant au « timing » des répliques et du comique, quant à l’écoute des réactions du public résonnent régulièrement. Enfin pour le code de jeu naturaliste je pense souvent à Jean Menaud, metteur en scène avec qui j’avais travaillé sur Vie et mort de Pier Paolo Pasolini et qui m’a tellement appris.

Et surtout la bascule de tous ces codes et l’exploitation du comique ne peut se faire qu’avec un texte bien écrit et des partenaires en or ! en plus de 100 représentations, pas une fois je crois nous n’avons pas été à l’écoute les uns des autres.

J’ai pu aussi exploiter et utiliser tous ces codes et me « lâcher » dans le comique grâce à la confiance et la bienveillance de mon metteur en scène et de mes camarades. Il faut des regards aimants et présents pour oser.

Source photographique : le bruit du off tribune / Photo Phillippe Escalier


4/ Quelles sont tes œuvres et personnages comiques préférés dans le domaine cinématographique et théâtrale?


Préférés je ne sais pas. J’ai grandi aussi bien avec des boulevards d’au théâtre ce soir qu’avec La Folie des Grandeurs, Les Grands Ducs, les films d’Yves Robert en général, les films des branquignoles ou les films de Mel Brooks et des Monthy Python… en lisant Feydeau, Guitry, Devos, Desproges, Pierre Dac, Woody Allen…

Je n’ai jamais séparé comique et tragique. Pour moi les comédiens comiques sont ceux dont on sent la faille, qui sont en fait des tragédiens en puissance… le comique est indissociable de la sincérité.


5/As tu aussi un modèle comique particulier qui t'a inspiré pour ce métier de comédien depuis ton enfance?


Encore une fois je n’ai jamais fait le distinguo entre l’acteur comique et tragique. Il y a des acteurs qui m’ont sans aucun doute donné envie de faire ce métier oui. Leur talent est stimulant, galvanisant, rend gourmand…et leur folie est libératrice (en tous cas me donne envie d’être libre comme eux). Je pense naturellement à De Funès (si il y a bien un acteur comique !!) mais aussi à Michel Serrault, Jean Poiret, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle et Philippe Noiret, Michel Piccoli…

Et au théâtre des acteurs comme Robert Hirsh, Philippe Caubère ou Christian Hecq…


6/ Si tu devais faire un vœu comme artiste et comme citoyen, quel serait-il ?


Je vais faire d’une pierre deux coups avec cette dernière question. Etant assez pudique et pensant que ma parole d’artiste ne vaut que dans le contexte artistique, et que ce sont les pièces et les spectacles qui sont fait pour dénoncer, éduquer et faire raisonner, j’aimerai que la place de la culture (littérature, danse, théâtre, peinture, multimédia) et de l’éducation soit plus importante. Nous sommes dans une culture de divertissement, d’immédiateté et de consommation, et je suis atterré la plupart du temps par la médiocrité de ce qui est proposé pour occuper les cerveaux des gens. Alors c’est un vœu pieu, mais je rêverai que nous réussissions à ramener plus de gens dans les théâtres, que nous leurs proposions des spectacles de qualités et qu’il n y ait pas de clivage entre un public d’afficionados éclairés (et que nous n’avons pas besoin de convaincre) et un public qui a besoin de découvrir les émotions et les réflexions qu’il peut ressentir dans une salle de spectacle.

L’art par sa catharsis, instruit, nourrit et apaise et sa place et la place du beau dans une société est indispensable.


Propos reccueillis par Safia Bouadan

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